
Ephraim Mirvis
@chiefrabbi · Dirigeants d’organisations juives et veille sur l’antisémitisme
Ephraim Mirvis est le grand rabbin du Royaume-Uni.
C’est véritablement un jour sombre pour les Juifs britanniques. Aujourd’hui, notre gouvernement a choisi d’ignorer les profondes inquiétudes exprimées par tant d’entre nous. Les mesures annoncées ne sont guère plus qu’un affichage politique au service d’une rhétorique anti-israélienne mensongère et de ceux qui nourrissent une dangereuse obsession pour l’État juif. Ces mesures ne feront que renforcer l’extrémisme même qu’elles cherchent à cibler. À la veille de Roch Hachana et à un moment où notre communauté est plus vulnérable que jamais face à la vague d’extrémisme qui s’est développée ces dernières années, ces sanctions ne contribuent en rien à faire avancer la cause de la paix. Elles ne rendent personne plus en sécurité — bien au contraire. Une politique de gestes de cette nature alimente un discours de plus en plus hostile à l’égard d’Israël, et l’effet cumulatif de telles politiques punitives est d’encourager davantage ceux qui, au pays comme à l’étranger, utilisent la haine comme une arme contre les Juifs.
Traduit de anglaisVendredi, je me suis réjoui de l’occasion de rencontrer le ministre des Affaires étrangères, le très honorable Ed Miliband. Alors que nous partageons l’espoir fervent d’un avenir de paix et de sécurité au Moyen-Orient, je lui ai expliqué pourquoi je pense que les sanctions envisagées par le gouvernement britannique seront contre-productives et mettront même en danger une telle vision de la paix. J’ai dit au ministre des Affaires étrangères que nombre de membres de la communauté juive du Royaume-Uni considéreront ces mesures avec une profonde consternation, à un moment où la diffamation des Juifs, du judaïsme et de l’État juif a déjà atteint des niveaux sans précédent. La politique envisagée n’influencera pas la prise de décision israélienne de la manière voulue par le gouvernement. Au contraire, elle risque de causer de graves dommages dans toute la région. Compte tenu des difficultés évidentes que posent la définition et la mise en œuvre de telles mesures, il existe un danger manifeste qu’elles ne dégénèrent en un boycott de fait du commerce avec Israël au sens large, portant atteinte à la relation à long terme entre nos deux pays et menaçant les moyens de subsistance de dizaines de milliers de travailleurs palestiniens. Ces mesures toucheront également de manière disproportionnée les Juifs britanniques en raison de nos liens religieux, familiaux, caritatifs et éducatifs étroits avec Israël. Ces dernières années, nous avons constaté à maintes reprises que lorsque la rhétorique envers Israël s’intensifie, l’hostilité envers les Juifs n’est jamais loin. Je condamne fermement la violence répréhensible perpétrée contre les Palestiniens par un petit nombre d’extrémistes, mais les propositions du gouvernement britannique ne feront qu’encourager l’infime minorité qui soutient de tels actes criminels, tout en pénalisant d’innombrables autres personnes qui les abhorrent. La justification avancée pour punir un allié de cette manière est la construction de logements dans la zone E1, planifiée de longue date par Israël. Pourtant, les efforts de paix successifs, d’Oslo à Camp David et au-delà, ont envisagé un accord final dans lequel cette zone resterait sous souveraineté israélienne. Il est donc difficile d’échapper à la conclusion douloureuse que des considérations de politique intérieure dictent la politique étrangère, dont l’impact est négatif tant pour les perspectives de paix au Moyen-Orient que pour la communauté juive du Royaume-Uni.
Traduit de anglais