@ShahbanouFarah · Spécialistes de l’Iran, experts du nucléaire et opposition
Farah Pahlavi est la reine/impératrice consort d'Iran de 1959 à 1979.
Majesté, une année de plus s’est écoulée depuis notre dernière rencontre, et cette fois j’ai une conversation avec toi, mon cher époux, en mon nom propre comme au nom des représentants de la nation iranienne, pour te rendre hommage et aussi te faire un bref rapport de ce qui est arrivé et arrive à l’Iran et aux Iraniens, avec toi et sans toi. Aujourd’hui, quarante-six ans se sont écoulés depuis le jour où tu as quitté l’Iran et les Iraniens, ainsi que moi et ta famille, et durant cette période, que de choses nous sont arrivées, à nous, à cette terre et à ce peuple. Dès le début du XXe siècle, l’Iran, avec deux grands dirigeants visionnaires, s’est engagé sur une voie qu’aucun autre pays de la région n’osait même imaginer. Ton père, Reza Chah le Grand, a sauvé l’Iran de la division et du démembrement dans la période la plus difficile que connaissait alors le monde, et a posé les bases d’un pays civilisé et indépendant. Puis, grâce à ton travail incessant, chah d’Iran, le pays dévasté après la guerre est devenu un Iran prospère, et l’Iranien humilié, un Iranien fier et la tête haute. Peu à peu, l’Iran est devenu l’objet des regards envieux de certains et des regards pleins d’espoir d’autres, tandis que les superpuissances ont elles aussi commencé à le considérer avec inquiétude. À la fin de cette époque dorée, tous les pays de la région rêvaient d’obtenir une part de ce que l’Iran avait accompli, tandis que tu continuais à chercher à placer l’Iran au niveau des pays les plus avancés du monde. Toi, chahanchah de la terre d’Iran, convaincu du soutien inconditionnel de la nation iranienne, tu n’acceptais aucun accord avec les grands de ce monde qui s’écartât ne serait-ce que d’un pas du grand Iran que tu envisageais. Hélas, ce soutien t’a été refusé et, sans cet appui vital, nous avons subi, et subissons encore aujourd’hui, ses pertes très lourdes et écrasantes. L’Iran que tu as quitté entretenait des relations amicales avec tous les pays du monde, et leurs portes nous étaient ouvertes sans visa. Mais l’Iran d’aujourd’hui, présenté comme le premier soutien du terrorisme mondial, n’entretient des relations à peu près amicales qu’avec un petit nombre de pays. Dans l’Iran que tu as construit, le revenu d’un travailleur iranien permettait à sa famille de vivre confortablement. Aujourd’hui, le travailleur iranien n’est même plus capable de subvenir à ses besoins essentiels. Ton Iran investissait dans les usines les plus importantes du monde et prêtait de l’argent aux pays européens, tandis qu’aujourd’hui son gouvernement attend, la sébile à la main, l’autorisation de l’Amérique pour acheter de la nourriture. Mon roi couronné, je te salue comme un époux incomparable et bienveillant, et comme un père qui portait à la vie et à l’éducation de ses enfants un amour et une attention immenses. Je te salue comme le «Commandant en chef des commandants de ton armée». Avec ta vision du monde, tu as créé pour ta patrie la cinquième force de défense du monde, afin qu’aucun pays ne songe même à envahir l’Iran. La jeune génération vigoureuse de l’Iran d’aujourd’hui, celle que le régime islamique voulait rallier à sa cause à grands frais et à coups de grands mensonges sur notre époque, consciente de ce que nous avons construit, les mains vides mais animée d’une volonté de fer, lui tient tête, salue la famille Pahlavi et réclame à haute voix la chute du régime de la terreur. Il y a peu, nous avons été témoins du plus grand massacre de l’histoire d’un peuple par son propre gouvernement. Des dizaines de milliers de nos jeunes gens vigoureux, sur ordre des dirigeants actuels de l’Iran, sont tombés dans le sang et la poussière en deux jours seulement, laissant un peuple endeuillé et avide de vengeance. Aujourd’hui, ces mêmes dirigeants sont profondément empêtrés dans les flammes d’une guerre dévastatrice, et le peuple qui avait tout à cette époque, désormais affamé, sans défense et désespéré, ne sait pas ce que lui réserve le lendemain. Reza, ton fils aîné, qui avait dix-neuf ans lorsque tu es parti, a pris la direction de la reconquête de l’Iran et de la transition. Mon espoir et celui de tous les Iraniens est qu’après la victoire finale de la lumière sur les ténèbres, les Iraniens, unis et d’une seule voix, main dans la main, se consacrent à bâtir leur avenir et reconstruisent un Iran moderne et fier. Jusqu’à ce jour et cette nouvelle, je te salue avec un amour sans fin, Farah Pahlavi
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