
Rush Doshi
@RushDoshi · Asie
Rush Doshi est suivi par L'État d'Israël pour sa couverture de recherche et expertise thématique liée à Chine, dans le chapitre consacré à l’Asie.
Je remercie @abrownepek d’avoir discuté de la nécessité d’une « échelle alliée ». Je suis à Tokyo depuis quelques jours. Il y a ici beaucoup d’accord sur le fait qu’il s’agit de la meilleure (et peut-être de la seule) voie vers la résilience techno-industrielle. Certains disent que les alliances sont trop meurtries pour que cela se produise. Nous pensons qu’il y a davantage de résilience qu’on ne le comprend souvent. C’est le moment d’élaborer des propositions concrètes pour le monde après Trump.
Traduit de anglaisCe n’est pas un « bloc économique d’exclusion » que d’accorder à ses alliés de meilleures conditions commerciales qu’à la Chine dans certains secteurs. Dans ce modèle, une grande partie des échanges à forte valeur ajoutée se poursuivra avec la Chine, mais d’autres auront également leur chance. Et en effet, cette approche offre même une option inclusive à la Chine : elle peut investir dans nos économies (avec des transferts de technologie, le recours à des fournisseurs locaux, le respect des normes du travail, le respect des règles relatives aux réseaux et aux données, ainsi que des coentreprises) et réaliser d’énormes bénéfices tandis que nous gagnons en capacités, en emplois et en résilience. Sans barrières, elle ne le fera pas. Mais ton argument est que nous ne devrions pas traiter la Chine différemment des autres, quelles que soient les différences environnementales ou sociales, quels que soient les énormes subventions ou son économie non marchande, et quels que soient les risques de dépendance ! Cet argument revient en fait à appeler au libre-échange avec la Chine aux dépens de nos travailleurs et de nos entreprises. Je soupçonne que tu ne seras pas d’accord, mais tes arguments sur la Chine me semblent fonctionnellement néolibéraux et contraires aux intérêts des travailleurs. Prenons les véhicules électriques. Je ne sais pas ce qu’il y a de « gauche » à dire que protéger les travailleurs du mercantilisme chinois dans le secteur automobile pourrait conduire à la guerre, mais c’est bien ton argument, n’est-ce pas ? Un argument qui qualifie essentiellement de téméraire la position de l’UAW et de l’USW, tout comme tu as qualifié de téméraire la position selon laquelle nous devrions traiter la Chine différemment sur le plan commercial, alors qu’elle est en réalité matériellement différente. Sur les questions d’économie internationale impliquant la Chine, ton argument me semble être que si nous protégeons nos travailleurs et nos entreprises dans certains cas (par exemple, en limitant la libre circulation des biens et des capitaux entre les États-Unis et la Chine), nous risquons la guerre ou devenons « exclusifs » ; par conséquent, nous ne devrions pas protéger nos travailleurs et nos entreprises. Encore une fois, c’est fonctionnellement du néolibéralisme.
Traduit de anglais